LGBT 3

Rassemblement pour la fierté lesbienne à Lyon

Soutien aux féministes lyonnaises, attaquées pendant une manif « pour la fierté lesbienne contre le patriarcat » le 24 avril.
La violence fasciste, de plus en plus décomplexée à Lyon ces derniers mois, doit nous alerter sur le climat malsain qui s’installe. Bravo aux manifestantes qui ont su garder leur sang-froid et sont ressorties de cet épisode plus soudées et plus fières encore !

Voici le communiqué transmis par les organisatrices : 

Le samedi 24 avril avait lieu le rassemblement pour la fierté lesbienne à Lyon. Nous nous sommes réunies pour revendiquer nos droits, faire entendre nos voix, et affirmer nos engagements en tant que lesbiennes dans les luttes féministes.

Nous étions réunies place Louis-Pradel depuis 15h. Des prises de parole se sont succédé puis nous avons lancé des slogans et des chansons dans une atmosphère revendicative et festive. Notre service d’ordre en non-mixité sans homme cisgenre était en place pour parer à toute éventualité.

A 16h environ, plus d’une cinquantaine de fascistes sont arrivés en courant par la rue Puits Gaillot armés de panneaux de signalisation et de barres de fer. Notre service d’ordre s’est très vite positionné en ligne pour défendre les manifestant-es. La police a repoussé l’attaque à coups de gaz lacrymogènes avant que le groupe n’atteigne le rassemblement. Le service d’ordre s’est déployé également au niveau de la rue Désirée, pour empêcher les fascistes d’arriver par le nord. Les fascistes s’étaient apparemment réunis depuis un moment au niveau des quais de Saône et avaient prémédité cette attaque. Cette dernière avait d’ailleurs même été annoncée sur un canal Telegram d’extrême-droite (Ouest Casual). Heureusement, aucun-e manifestant-e n’a été blessé-e. La réaction collective a été remarquable : il n’y a pas eu de mouvement de panique, les manifestant-es sont resté-es groupé-es, ont fait attention les un-es aux autres, se sont déplacé-es vers les quais du Rhône puis sont revenu-es et se sont placé-es derrière la ligne de service d’ordre en soutien tout en criant des slogans antifascistes. Nous avons ensuite continué de manifester place Louis-Pradel jusqu’à 17h30 environ.

Cette attaque s’inscrit dans un climat de montée des violences fascistes à Lyon depuis plusieurs mois. Les fascistes n’hésitent plus à s’en prendre à des militant-es LGBTI et féministes : le 31 janvier, à l’occasion de la manifestation organisée par la Manif pour tous contre l’ouverture de la PMA à toustes, des militants d’extrême-droite, identifiés comme des membres du groupe Génération identitaire ont violemment agressé des contre-manifestant-es féministes et LGBTI. Le 7 mars, lors de la manifestation féministe, une cinquantaine de fascistes avaient également tenté une attaque, heureusement repoussée. Le 20 mars, c’est la librairie anarchiste la Plume noire qui a été la cible d’une attaque fasciste. Le 3 avril devait avoir lieu la manifestation antifasciste en soutien à la Plume noire qui a honteusement été interdite par la Préfecture. Le même jour, les Loups gris (fascistes turcs) ont attaqué la Maison de la Mésopotamie.

Nous ne pouvons que nous insurger face à la facilité avec laquelle les fascistes lyonnais ont pu encore une fois se réunir à plus de cinquante, traverser la Saône, rejoindre la place Louis-Pradel et rôder après l’attaque pendant plusieurs heures sur la Presqu’île sans être inquiétés. Nous ne pouvons que nous révolter que le local du groupe Génération identitaire, La Traboule, soit encore ouvert malgré la pseudo-dissolution du groupe. Jusqu’à quand les identitaires et réactionnaires lyonnais resteront-ils impunis ?

Nous tenons à réaffirmer, en tant que lesbiennes, nos engagements antipatriarcaux, antifascistes et antiracistes. À ce titre, nous tenons à rappeler que nous condamnons fermement l’instrumentalisation des luttes LGBTI à des fins racistes et islamophobes. Cette attaque a prouvé que ce rassemblement était nécessaire dans une ville où l’impunité est de mise pour l’extrême-droite et où il est dangereux, en tant que lesbiennes, de nous réunir et de protester dans l’espace public. Malgré ces intimidations, nous ne nous arrêterons pas. Ce rassemblement lesbien, le premier à Lyon depuis des décennies, est un succès, et pas seulement parce qu’il a résisté à cette attaque fasciste. Ce rassemblement n’est que le début d’un mouvement féministe lesbien à Lyon et partout en France, comme l’ont prouvé les succès des marches et rassemblements à Paris, Bordeaux et Toulouse.

Face aux fascistes, réactionnaires, machistes et lesbophobes de tous bords, nous restons debout et résistons !

Fachos, machos, les gouines auront votre peau !

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